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Comme vous le savez je suis une vraie gaga des hormones et surtout des hormones féminines. En complément de mon post sur le Syndrome des Ovaires Polykystiques, je voudrais toucher à un sujet qui va un peu de pair avec ce syndrome mais qui touche beaucoup plus de femmes (à un moment ou un autre de leur vie): la dominance en estrogène ou l’hyperoestrogènie relative.

Qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique c’est quand les taux d’œstrogènes sont plus élevés que notamment la progestérone. Souvenez vous que les hormones, et notamment les hormones sexuelles chez la femme, forment un équilibre vulnérable entre, principalement, l’œstrogène, la progestérone et en moindre quantité la testostérone. Cet excès en œstrogène peut venir d’un simple excès en œstrogène mais également d’une insuffisance en progestérone et cela à tout moment de la vie d’une femme. Pour faire simple l’œstrogène a un effet pro inflammatoire dans le corps et la progestérone plutôt anti inflammatoire – ce qui explique leur partenariat idéal.

Une petite recherche sur pubmed ne donne aucun résultat sur l’hyperoestrogènie alors que de plus en plus de femmes en souffrent à un tel point que c’est considéré comme quelque chose de « normale ». D’où vient cette dominance en œstrogène ? A mon avis on trouve à la fois des indices dans notre mode de vie et notre alimentation (trop de stress, prise de pilule contraceptive, stimulations ovariens dans le cadre d’un traitement d’infertilité, surconsommation de café et d’alcool) mais également dans notre environnement. Nous avons aujourd’hui de plus en plus de toxines ou xenooestrogènes, qui sont des produits chimiques artificiels dans l’environnement (bouteille en plastique, pesticides, pot d’échappement etc) qui imitent l’œstrogène et agissent ainsi en tant que perturbateurs endocriniens.

Quels sont les symptômes d’une dominance en œstrogène ?

L’œstrogène est une hormone dont vous voulez avoir juste assez (comme avec toutes les hormones d’ailleurs). Souvenez vous qu’une insuffisance en œstrogène (dont j’ai moi même souffert pendant de longues années) peut également donner des symptômes préoccupants dont notamment l’ostéoporose.

Mais voici les symptômes les plus fréquents d’une hyperœstrogénie :

  1. Syndrome prémenstruel: sautes d’humeurs, gonflements et crampes utérines.
  2. Seins gonflés voire fibrokystiques
  3. Prise de poids: l’œstrogène est l’hormone féminine qui donne nos caractéristiques sexuelles (seins, hanches, taille etc) et en cas d’excès on prend du poids sur les hanches et les cuisses. Cette prise de poids crée un cercle vicieux car l’œstrogène est entre autre produit par notre tissu graisseux.
  4. Des règles très abondantes avec ou sans caillots
  5. Problème hypothyroïdien: un excès d’œstrogènes survient avec la diminution de production d’hormones thyroïdiennes.
  6. Dépression: l’humeur féminine est très dépendante du bon équilibre de nos hormones sexuelles et une dominance en œstrogène peut donner des problèmes avec les neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine (des substances « feel good »).
  7. Des kystes ovariens tels que les kystes dermoïdes, polykystiques, fibroides et même l’endométriose. L’œstrogène aide entre autre à la stimulation du développement de la muqueuse utérine, en conséquence une dominance en œstrogène peut donner entre autre des règles abondantes et à terme même stimuler des tumeurs hormono-dépendantes telles que les kystes mentionnés ci-dessus. Pour faire simple, l’œstrogène stimule la croissance du tissu et la progestérone garde la muqueuse utérine en place en anticipation d’un embryon fertilisé.
  8. Maladies auto-immunes: l’équilibre hormonal est un élément clé pour un système immunitaire en parfaite harmonie. Des études montrent la présence d’un déséquilibre hormonal et notamment une dominance en œstrogène dans certaines maladies auto immunes (et plus précisément en 16 alpha-hydroxyestrone qui est le « mauvais » œstrogène).
  9. Cancers hormono-dépendants  (cancer du sein, cancer des ovaires)

Que peut-on faire pour prévenir et résoudre ce déséquilibre hormonal ?

Les niveaux d’hormones dans notre corps sont réglés par un mécanisme appelé « negative feedback »: notre tour de contrôle, la glande pituitaire située dans le cerveau, est responsable de la régulation des niveaux d’hormones. Si par exemple il y a peu d’hormones thyroïdiennes circulantes, la glande pituitaire le capte et envoie des signaux à la glande endocrine pour qu’elle augmente sa production.

Revenons-en au cas de l’hyperoestrgènie relative ! On aurait pu se dire que s’il y a beaucoup d’œstrogènes circulants pourquoi est-ce que la glande pituitaire ne fait pas en sorte que le corps en produise moins ? La réponse est que quand nos systèmes d’élimination d’hormones (foie, vésicule biliaire, intestin entre autres) sont surchargés ou fonctionnent mal, ces « anciennes » hormones dégradées et usées continuent à circuler mais sans les mêmes effets que les hormones actives et  peuvent ainsi saturer les récepteurs aux hormones actives (un peu comme un diminution de la sensibilité des récepteurs), ce qui dérègle le système.

Aider notre corps à éliminer les hormones déjà utilisées

Le foie est le principal organe d’élimination pour les « anciennes » hormones (le rein est l’autre voie d’élimination). Si vous ne disposez pas d’un système d’élimination efficace, c’est à dire si votre foie ne fonctionne pas correctement, vos niveaux d’hormones continueront simplement à s’accumuler avec le temps.

Deuxièmement, nos « anciennes » hormones et nos toxines sont également éliminées par notre intestin. Il est donc primordial d’avoir un intestin imperméable et efficace (au moins une selle par jour) afin de ne pas laisser trainer des toxines trop longtemps dans notre corps. Un intestin perméable crée un état d´inflammation chronique entretenant ainsi un cercle vicieux. La réduction de l’inflammation, qui commence avec un intestin sain, est ainsi clé pour atteindre un équilibre hormonal. Comment faire ? Et bien, comme d’habitude, le mode de vie Paléo est un excellent début et rassurez vous que vous mangez assez de fibre…

Améliorer notre fonction biliaire

Comme le foie, la vésiculaire biliaire est responsable outre la digestion des acides gras, de la bonne élimination des toxines. On sait depuis longtemps que la grossesse et l’utilisation de contraceptifs oraux à long terme contribuent à la formation de calculs biliaires et aux symptômes (gaz et ballonnement notamment). Une dominance en œstrogène est ainsi souvent liée à une fonction réduite de la vésiculaire biliaire ce qui (comme le surpoids) entraine un cercle vicieux puisque la bile aide le foie à excréter les hormones en excès comme l’œstrogène et ses métabolites nocifs. Comment améliorer et optimiser sa fonction biliaire ? Et bien, comme toujours une alimentation de type Paléo aidera beaucoup (avec une consommation de viande rouge en modération) et essayer de ne pas faire de frénésies alimentaires qui est la pire chose pour votre digestion et risquerait de déclencher des attaques de la vésicule biliaire si vous avez un problème.

Travaillez sur vos niveaux de stress

Le précurseur de toutes les hormones sexuelles est le cholestérol qui est d’abord transformé en progestérone. Seule la progestérone est facilement disponible pour être convertie en cortisol (par exemple) si besoin. Lorsque nous sommes soumis à un stress important nos glandes surrénales réagissent en fabriquant beaucoup de cortisol à partir de progestérone notamment. Ainsi, des périodes de stress prolongés peuvent entrainer une baisse du taux de progestérone et donc une hyperoestrogénie relative. Travailler sur nos niveaux de stress est donc un élément-clé pour un bon équilibre hormonal. Ce sont des petites choses au quotidien qui peuvent nous permettre de déconnecter et de nous décontracter : tricotez, jouez avec vos enfants, faire du sport, se balader etc.

Évitez les endotoxines et faites attention aux phytoestrogènes

Il s’agit d’éviter et réduire à un maximum son exposition aux endotoxines pouvant provenir de la nourriture (pesticides, conservateurs, viande venant d’animaux traité avec antibiotiques et/ou hormones etc), ou des produits d’entretiens et d’hygiène qui sont souvent pleins de perturbateurs endocriniens.

Il existe aussi une catégorie d’aliments appelés phytooestrogènes tels que le soja, les pois chiches, les graines de lin etc, qui peuvent avoir une action oestrogènique ou anti oestrogènique dans le corps. La plupart des gens peuvent consommer ce type d’aliments en modération mais si un de nos organes d’élimination ne fonctionne pas de façon optimale, ces aliments peuvent engendrer une hyperoestrogénie. Dans le doute, évitez ces aliments le plus possible.

 

 

 

Références:

Ann N Y Acad Sci. 2006 Nov; 1089:538-47 Estrogens and autoimmune diseases. Cutolo-M, Capellino S, Sulli A, Serioli B, Secchi ME, Villaggio B, Straub RH

Hepatology. 1986 Jul-Aug; 6(4):574-8 Estrogen and progesterone receptors in human gallbladder. Singletary BK, Van Thiel DH, Eagon PK.

 

 

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