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La maladie de Lyme ou borréliose comme on l’appelle aussi est l’une des maladies bactériennes infectieuses qui augmente le plus dans le monde et l’infection la plus courante en Europe, avec officiellement environ 1 million d’infectés en 2018 alors que ces chiffres sont probablement fortement sous-estimés. Certains la comparent même avec le VIH ou le syphilis qui est aussi causé par un spirochète (Treponema pallidum subsp)… Ces chiffres risquent encore d’être modifiés à la hausse à cause du dérèglement climatique (l’absence d’hiver prolongé, des périodes estivales prolongées prolongent le cycle de la vie des tiques…).

L’espèce principale de tique en Europe est l’Ixodes ricinus qui est présente dans presque tout l’Europe du Portugal jusqu’à la Russie en passant par l’Europe Centrale, les iles Britannique et la Scandinavie. Cette tique transmet une grande variété de pathogènes, y compris Borrelia burgdorferi qui provoque la borréliose de Lyme mais aussi le virus de l’encéphalite à tiques, anaplasma phagocytophilum, rickettsia helvetica, rickettsia monacensis et la Babésiose pour n’en mentionner que quelques-uns.

Cette maladie, qui divise la communauté médicale en termes de reconnaissance, diagnostique et traitement, a été nommée d’après la ville de Lyme dans l’état de Connecticut, sur la côte Est des Etats-Unis ou la maladie est très répandue. Elle est transmise et causée par une bactérie de forme spirochète appelée Borrelia burgdorferi (même si d’autres bactéries ont aussi été identifié). Le diagnostic le plus évident, après la morsure bien évidemment, est l’apparition d’un érythème migrant entre 3 et 30 jours après la morsure de tique mais des recherches démontrent que seule 60 à 70% des personnes infectées développent un tel érythème.

Les symptômes

Cette maladie parfois appelée « la simulatrice » présente de très nombreux symptômes pouvant ressembler à plusieurs autres maladies. Les signes d’une infection aigüe qui se développe rapidement après la piqure sont notamment la fièvre, des frissons, des maux de tête, de la fatigue, des douleurs musculaires et articulaires et des ganglions lymphatiques gonflés qui peuvent donc survenir même en absence d’éruption cutanée. Si l’on est traité dans cette phase aigüe et précoce avec au moins 1 mois d’antibiotiques on arrive dans certains cas à tuer les bactéries (même si aucune recherche ne confirme que les bactéries transmises par les tiques peuvent être éliminées à 100%). Selon certaines institutions et de très nombreux médecins, tels que notamment le CDC Américain (Centers for Disease Control and Prevention), la maladie de Lyme n’est constituée QUE de cette infection aigüe. Pourtant le problème est que l’infection n’est pas réellement terminée pour une grande partie de la population (car ils n’ont ni souvenir de morsure ni d’éruption cutané et ne prennent donc pas les mesures nécessaires) et des symptômes divers et variés ne font leur apparition que tardivement alors que l’infection s’est bien installée.

Une bactérie intelligente

Si la phase aigüe n’est pas traitée ou identifiée, des symptômes divers  se développent dont des douleurs articulaires (genou, poignet, doigts, coude et hanche notamment), orteils et pieds gonflés, des douleurs aux chevilles, une sensation de brûlure sous les pieds ou aux mains, des crampes aux pieds, des accès de fièvre, de la transpiration ou des frissons, des douleurs musculaires et des crampes, une raideur dans la nuque, des palpitations cardiaques (voire des problèmes cardiaques), une difficulté à marcher, une grande fatigue parfois jusqu’à l’épuisement, un manque d’endurance, une perte de cheveux anormale, une inflammation de glandes, des douleurs à la gorge, des douleurs au pelvis ou aux testicules, des mensurations irrégulières, des seins douloureux avec parfois production de lait, des troubles de la vessie et de la fonction urinaire….

Le problème est lié au fait que cette bactérie s’adapte très facilement à son environnement et se transforme selon son hôte. Comme expliqué plus haut, la bactérie rentre dans le corps sous forme spirochète mais si l’environnement est très hostile la bactérie change alors sa forme pour une structure circulaire ou cystique. Cette transformation la protège d’une élimination par le système immunitaire et ainsi de survivre en phase latente ou dormante pendant de longues périodes. La bactérie pourra  plus tard se réactiver si les conditions d’existence deviennent plus favorables ou si le système immunitaire de l’hôte est moins réactif. Il existe même certaines théories, discutées, comme quoi l’infection froide de borréliose dans le grand Est de la France pourrait être une des raisons qui explique que cette région a été plus fortement touchée par le virus chinois.

Développement de la forme chronique

Les raisons sont probablement très nombreuses et ne sont pas encore à 100% identifiées ou comprises mais la littérature scientifique combinée avec ma propre expérience me permet de penser que ces formes chroniques se développent davantage chez les personnes qui ont déjà un dérèglement du système immunitaire : soit si celui-ci est « en surchauffe » comme avec les maladies auto immunes, soit quand le système immunitaire est sous actif avec probablement des mécanismes sous-tendus génétiques (altération du microbiote, exposition environnementale, co-morbidité…). Dans la forme chronique, l’infection borréliose persiste souvent avec des co infections (babesioses), carences nutritionnelles, inflammation chronique (qui est de plus soutenue par l’infection), exposition aux métaux lourds, exposition aux moisissures toxiques (à la fois dans l’habitat et l’alimentation) qui affaiblit le système immunitaire, allergies alimentaires ou saisonnières qui augmentent l’inflammation dans le corps…

En effet, les spirochètes ainsi que des co-infections possibles, détournent quelque part le système immunitaire soit en l’affaiblissant soit en l’activant comme dans  le cas des maladies auto immunes. L’infection provoque aussi un état d’inflammation chronique et notamment au niveau neurologiques et on pense même que les infections froides comme la maladie de Lyme peuvent causer ou être un facteur clé dans le développement de maladies neurologiques chroniques plus graves telles que l’ALS (Sclérose Latérale Amyotrophique), la sclérose en plaque, la maladie de Parkinson et d’Alzheimer.

Diagnostique :

Les tests conventionnels de la maladie de Lyme sont malheureusement peu fiables avec des faux négatifs importants (entre 33% et 75%). S vous allez chez votre médecin traitant avec une morsure de tique et une éruption cutanée, le test de base proposé sera le test sanguin d’ELISA qui recherche des anticorps IgM et/ou IgG dirigés contre des antigènes de la bactérie. Si ce test revient positif, et uniquement dans ce cas, on effectuera alors un test confirmatif appelé Western BLOT qui détecte les anticorps spécifiques. Le problème c’est, d’une part, que beaucoup de personnes n’ont pas forcément un système immunitaire assez robuste pour produire des anticorps et d’autre part, plus longtemps l’infection reste dans le corps moins il est probable que le test soit positif puisque la bactérie arrive à échapper au système immunitaire. Selon une méta-analyse réalisée par Michael Cook et Basant Puri ces tests sérologiques pour la maladie de Lyme génèrent 500 plus de faux négatifs que les tests pour le SIDA. Ces tests recherchent aussi uniquement la bactérie Borrelia burgdorferi alors qu’on a désormais identifié d’autres bactéries telles que la Borrelia mayonii, la Borrelia Garinii et Borelia Afzelii dans le développement de la maladie et qui ne sont donc pas détectées par ces tests.

Certains études démontrent que la maladie de Lyme chronique est souvent accompagnée de changement dans les défenses immunitaires des cellules avec une diminution des taux de cellules tueuses naturelles (lymphocytes T) notamment les CD3, CD56 et CD57 alors que dans la forme aiguë ces niveaux sont souvent normaux. Il faut noter que cette diminution du taux de certains lymphocytes T n’est pas spécifique de la maladie de Lyme et peut aussi indiquer la présence d’une autre infection froide.

Dernièrement des tests PCR ont été développés afin de détecter l’ADN de la bactérie.

Traitements :

Tout d’abord, évitez de vous faire piquer par une tique (pantalon long et noir lors de balades dans la foret et inspecter scrupuleusement votre corps une fois à la maison et laver vos vêtements) et si jamais vous êtes piqué, faites analyser la tique pour voir si elle est porteuse de bactéries, ce qui est souvent plus facile que de confirmer le diagnostic par un test sanguin une fois que les symptômes sont apparus.

Le traitement classique est 1 mois sous antibiotiques, les plus utilisés sont les tétracyclines, ce que je pense personnellement être intéressant à prendre si la suspicion diagnostique est forte avec la plupart des symptômes listés ci-dessus compte tenu du nombre élevé de faux négatifs et des difficultés à confirmer l’infection par un test sanguin. Le problème étant évidemment que la plupart des personnes qui souffrent des formes chroniques sont aussi plus sensibles à la prise des antibiotiques pendant des périodes prolongées. Par ailleurs il ne s’agit en aucun cas d’une solution à long terme. Outre le risque de devenir résistant à certains antibiotiques, ces derniers peuvent provoquer ce qu’on appelle une réaction de Jarisch Herxheimer où l’on voit une augmentation brutale de ces symptômes avant leur amélioration. Cette réaction est due à l’inflammation créée par la libération de toxines quand les bactéries sont tuées. Cette réaction peut parfois venir « confirmer » le diagnostic mais rend aussi la prise d’antibiotiques délicate pour les personnes concernées.

Mais en parallèle et surtout si les symptômes persistent une fois traités par des antibiotiques pendant un mois, il faut absolument traiter la ou les causes sous-jacentes :

1.) Favoriser une alimentation et un mode de vie dit anti-inflammatoire de type Paléo. Cette alimentation aide énormément pendant la prise des antibiotiques et aussi à diminuer le risque de développer des dysbioses importantes et notamment la candidose intestinale.

2.) Réparer l’intestin perméable ce qui aide à renforcer le système immunitaire

3.) Anti microbiens naturels : extrait de pépin de pamplemousse, argent colloïdal, ail cru ou sous forme de complément alimentaire, acide caprylique. D’autres compléments peuvent aider à réguler le système immunitaire et le fonctionnement hépatique.

4.) Thérapies pour stimuler le système immunitaire tels que la cryothérapie.

5.) Diminuer son exposition aux toxines et/ou faire un test de cheveux pour identifier le taux de substances toxiques.

Références :

Rebman, A. W., & Aucott, J. N. (2020). Post-treatment Lyme Disease as a Model for Persistent Symptoms in Lyme Disease. Frontiers in medicine7, 57. https://doi.org/10.3389/fmed.2020.00057

 

« Pourquoi je ne guéris pas ? Soigner Lyme & les maladies chroniques inexpliquées » par Richard Horowitz

 

Davidsson M. The Financial Implications of a Well-Hidden and Ignored Chronic Lyme Disease Pandemic. Healthcare (Basel). 2018 Feb 13;6(1):16. doi: 10.3390/healthcare6010016. PMID: 29438352; PMCID: PMC5872223.

 

DeLong, A., Hsu, M., & Kotsoris, H. (2019). Estimation of cumulative number of post-treatment Lyme disease cases in the US, 2016 and 2020. BMC public health19(1), 352. https://doi.org/10.1186/s12889-019-6681-9

 

Elsner, R. A., Hastey, C. J., Olsen, K. J., & Baumgarth, N. (2015). Suppression of Long-Lived Humoral Immunity Following Borrelia burgdorferi Infection. PLoS pathogens11(7), e1004976. https://doi.org/10.1371/journal.ppat.1004976

 

Benoist C, Mathis D. Autoimmunity provoked by infection: how good is the case for T cell epitope mimicry? Nat Immunol. 2001 Sep;2(9):797-801. doi: 10.1038/ni0901-797. PMID: 11526389.

 

 

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