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Dans cette crise sanitaire sans précèdent on se rend compte à quel point la prévention est importante. Chacun doit être responsable de sa propre santé, c’est pourquoi je propose de vous aider par la mise en place de programmes de prévention. En effet, les personnes les plus touchées dans cette crise, mise à part les plus âgés, sont les personnes souffrant du syndrome métabolique : obésité, diabète de type 2 et hypertension artérielle. Sans compter toutes les incertitudes sur ce virus et notre futur en ce moment. 

Les maladies métaboliques

Les maladies métaboliques telles que le diabète de type 2, l’obésité et l’hypertension artérielle ne cessent d’augmenter. Le diabète est « l’un des principaux tueurs au monde », avec l’hypertension artérielle et le tabagisme, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Entre 1980 et 2019 le nombre de personnes atteintes du diabète de type 2 dans le monde a grimpé de 328% jusqu’à 463 millions de personnes. Et encore, ce sont les cas avérés : on estime qu’un grand nombre de diabétiques s’ignorent et que la prise en charge médicale commence hélas trop tard une fois que la maladie est avancée…alors qu’on sait aujourd’hui que l’obésité, la mal bouffe et la sédentarité sont les principaux facteurs de risques (hors génétique). La prévention de ces maladies est ainsi plus importante que jamais.

Mais pourquoi une telle explosion des maladies chroniques ?

Pour comprendre cela il faut remonter jusqu’à l’époque d’après guerre aux Etats-Unis quand on a cherché à améliorer la santé de la population et de prévenir les maladies cardio-vasculaires. Plusieurs théories scientifiques ont été alors présentées et étudiées, dont celle de l’augmentation de la consommation de sucre ; mais l’hypothèse qui a reçu le plus d’attention était celle d’Ancel Keys et son « étude des 7 pays ». Cette étude a cherché à démontrer la corrélation entre la consommation des matières grasses, et notamment les graisses saturées (dû à ses effet sur le cholestérol), et la prévalence des maladies cardiovasculaires.  Sauf que Ancel Keys avait soigneusement sélectionné les pays qui correspondaient à son hypothèse afin de la confirmer !…ce qui n’est pas signe d’une grande honnêteté intellectuelle. Cette théorie a été accepté sans d’autres explications et très rapidement par la plupart des institutions de santé américaines dont notamment the American Heart Association. En effet, la théorie du régime alimentaire « heart healthy » préconisé par Ancel Keys reposait sur le principe que le cholestérol alimentaire et surtout les graisses saturées étaient responsables des troubles vasculaires, d’où le conseil alimentaire massivement diffusé d’un absentéisme quasi total en faveur des céréales et autres glucides aux dépens des graisses…l’époque low fat était né. Si on avait intégré davantage de pays dans cette étude, comme la France par exemple qui a une alimentation riche en graisses saturées (fromage, foie gras, beurre etc) on n’aurait pas trouvé cette même corrélation….

La consommation de glucides a explosé

Si on diminue fortement un macronutriment il faut forcement en augmenter un autre pour maintenir les apports caloriques suffisants, ce qui explique pourquoi plusieurs personnes obtiennent plus de 50% de leurs apports en calories au quotidien par les glucides raffinés (pain blanc, céréales et pâtes). Ces glucides contiennent du sucre et de l’amidon avec un indice glycémique élevé ce qui est néfaste en trop grandes quantités, mais en plus ils leur manquent les nutriments essentiels pour notre bien être : fibres, minéraux et vitamines notamment. En gros, les nutriments ont été supprimé et il ne vous reste plus que de l’amidon. Une telle consommation peut perturber votre système digestif et endocrine et épuise votre corps de ses vitamines et minéraux précieux. Beaucoup de gens consomment des glucides afin d’éviter les graisses mais la vérité c’est que les graisses sont cruciales pour la santé. Elles augmentent la satiété, aident à la production des hormones sexuelles et protègent les membranes cellulaires. Les glucides raffinés en revanche peuvent provoquer les mêmes problèmes que le sucre raffiné.

Rééquilibrage des macronutriments

Une bonne alimentation implique des ratios équilibrés de macronutriments (glucides, protéines et lipides). Les glucides ne sont pas mauvais en soit mais, en l’absence de lipides et de protéines pour ralentir l’absorbption de ces glucides, ils peuvent facilement créer des problèmes. Il y a aussi une différence entre glucides et glucides. Optez plutôt pour des glucides avec un indice glycémique bas tels que le riz, la patate douce, les panais ou le quinoa qui sont particulièrement riches en fibres et micronutriments.

Une consommation plus élevée de glucides, en particulier s’ils sont hautement transformés, et en absence de protéines et de lipides, entraînera des niveaux d’insuline plus élevés car le pancréas devra en produire et secréter davantage afin de faire entrer le sucre dans les cellules. Plus l’insuline est sécrétée par le pancréas, plus les cellules deviennent résistantes car elles fonctionnent par « réaction négatif » ou negative feed-back. Cela entraîne un cercle vicieux : le pancréas excrète encore plus d’insuline, essayant désespérément d’introduire le sucre dans les cellules et la personne en question deviendra résistante à l’insuline, ce qui est le début de ce qu’on appelle le syndrome métabolique.

La glande surrénale

La régulation du taux de sucre dans le sang est tellement importante que de nombreux mécanismes dans le corps sont impliqués. Une alimentation riche en glucides transformés nous laisse également avec une glycémie instable avec des pointes et des creux. Le corps percevra cela comme un facteur de stress, en particulier lorsque nous sommes au bas de la courbe de glycémie : pour essayer de gérer la situation, il se mettra en « mode combat ou fuite ». Le système nerveux central détectera la baisse de la glycémie et enverra un signal de stress à la glande surrénale qui commencera à produire du cortisol et de l’adrénaline. Ces deux hormones rendront le glucose disponible en exploitant les réserves stockées via la glycolyse, la lipolyse et la gluconéogenèse. L’excès de sucre dans le sang qui n’est pas utilisé comme énergie par les cellules sera stocké sous forme de graisse…

Les solutions :

Apprendre aux gens à prendre leur propre santé en main car les maladies métaboliques commencent en grand partie dans notre assiette et dans notre mode de vie. Viser une alimentation non transformée, bien préparée, à base de produits de qualité et de saison. Rééquilibrer les macro nutriments afin d’augmenter les apports en micronutriments. Manger trois repas par jour et éviter le grignotage. Mais aussi : bouger au quotidien,  bien dormir, gérer notre stress et savoir profiter de la vie et de nos proches. Car oui VOUS ÊTES CE QUE VOUS MANGEZ et de prendre sa santé en main et celle de sa famille peut être tellement enrichissant ! Le confinement est, à mon sens, le moment idéal pour commencer à bien manger car tous les repas sont par définition faits maison !

Références:

“Put your heart in your Mouth” by Dr. Natasha Campbell-McBride

Les chiffres du diabète

 

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