Maladies auto-immune

Un dérèglement du système immunitaire

Les maladies auto-immunes qu’est-ce que c’est ?

Les maladies auto-immunes résultent d’un dérèglement du système immunitaire. Elles se manifestent par l’action pathogène de cellules et d’anticorps sur certains organes, qui sont alors assimilés à des corps étrangers. Le malade fabrique des anticorps contre ses propres tissus ou constituants « sains ».  Les pathologies auto-immunes touchent environ 8% de la population en France, touchant davantage de femmes et englobent des pathologies très diverses et plus ou moins sévères. Il existe des centaines de maladies auto immunes mais les plus connues sont le diabète type 1, SEP, polyarthrite rhumatoïde, bechtrews, Hashimoto (la thyroïdite auto-immune), la myasthénie, la maladie de Crohn et la maladie cœliaque.

Les maladies auto-immunes sont chroniques et il n’existe pas à ce jour un remède contre la cause de ces maladies qui ne cessent d’augmenter. La médecine conventionnelle soulage souvent les symptômes par des corticoïdes et des traitements immunodépresseurs mais ces médicaments ne font que masquer le problème et donnent souvent des effets secondaires assez graves.

Une solution naturelle

Il existe heureusement une autre façon de contrôler ces maladies et de les mettre en rémission.

La science a montré que toutes les maladies auto immunes ont une chose en commun : un intestin perméable (une grande partie de notre système immunitaire est logé dans les tissus et autour de l’intestin). L’intestin est une barrière essentielle entre le monde extérieur et l’intérieur. Oui, l’intérieur de l’intestin est en fait à l’extérieur de notre corps. Tout l’appareil digestif : de la bouche à l’anus, est plus ou moins un long tube continu. L’intestin grêle est là où la plupart des nutriments sont absorbés dans le corps mais il n’est pas une porte ouverte : les nutriments rentrent et toutes les autres choses restent à l’extérieur. La nourriture doit être décomposée dans sa forme la plus basique afin de passer la barrière de l’intestin grêle. Cette décomposition est obtenue par les efforts combinés des enzymes digestives et acides produits par les cellules qui longent l’estomac, le sel de bile excrété par le foie et stocké dans la vésicule biliaire lorsque cela est nécessaire, des enzymes produites et secrétées dans l’intestin grêle par le pancréas et même des bactéries (les bactéries « gentilles »/favorables qui logent dans l’intestin). Avant d’être absorbé par le corps les aliments doivent être décomposés en nutriments : les protéines en acides aminés, les lipides en acides gras et les glucides en monosaccharides (sucres simples). Une fois que la nourriture est décomposée dans sa forme la plus simple, les cellules qui longent l’intestin transportent ces nutriments de l’intérieur de l’intestin jusqu’au sang. Ce qui ne peut pas être digéré par notre corps est excrété comme déchets (ainsi que des bactéries mortes). D’une façon surprenante, une seule couche de cellules fortement spécialisées – les entérocytes – est tout ce qui sépare l’intérieur du corps de l’extérieur. Ces cellules ont deux missions principales :

  • transporter les nutriments digérés de l’intérieur de l’intestin jusqu’au sang
  • laisser tout sauf les nutriments à l’intérieur de l’intestin (c’est-à-dire ne pas laisser entrer d’autres choses). Les entérocytes sont donc un peu comme la police de l’intestin.

De l’autre côté de cette barrière réside deux parties très importantes de notre appareil digestif :

  • Les cellules immunitaires résidents dans l’intestin, dont la mission principale est de nous protéger des pathogènes qui peuvent éventuellement traverser la barrière des entérocytes.
  • Un réseau de vaisseaux sanguins et lymphatiques qui transportent les nutriments digérés de la nourriture jusqu’aux tissus/organes qui ont en besoin.

La clé d’un intestin sain est donc d’éviter toute nourriture qui pourrait l’irriter ou lui nuire. En effet, par la guérison de notre intestin et en gardant la nourriture là où elle devrait être, nous pouvons calmer un système immunitaire surchauffé.

Quels sont donc ces aliments qui peuvent nuire à la muqueuse intestinale, à part ceux déjà listés sous le Paléo classique ?

  • œufs : un des aliments les plus allergènes qui existe (2-3% de la population est allergique aux œufs) et surtout au blanc d’œuf car son rôle principal est de protéger le jaune (ou l’embryon si vous voulez) et qui contient une substance appelée lysozyme : une enzyme digestive également produite par notre corps et qui peut entrer en compétition avec notre propre lyzozyme.
  • noix et graines : elles contiennent l’anti nutriments (= qui n’est pas absorbé par l’intestin) « phytate » qui limite l’activité de certaines enzymes et entraine une perméabilité intestinale. Nos corps ont beaucoup de mal à absorber les phytates. De plus, l’acide phytique (qui est le sel de phytate) se lie aux minéraux (calcium, magnésium, fer, potassium et zinc) et peut donc créer des déséquilibres minéraux par élimination excessive de ceux-ci.
  • nightshades (aubergine, tomates et poivrons) : ils contiennent entre autres des lectines qui stimulent le système immunitaire. Les plus forts (piments par exemple) contiennent également une substance appelée capsaicine, irritante pour la peau, les yeux et l’intestin.
  • l’huile végétale (à part l’huile d’olive, l’huile d’avocat et l’huile de palme) : les huiles tel que l’huile de soja, l’huile de mais, l’huile de tournesol et de carthame sont très pro inflammatoires (entre autre car ils s’oxydent une fois dans le corps) et contiennent beaucoup d’acide gras oméga 6.
  • fruits en excès : les fruits contiennent un glucide appelé fructose qui peut causer une résistance à l’insuline car le fructose ne baisse pas les niveaux de grehline (l’hormone de satiation) après en avoir mangé ce qui augmente notre ration alimentaire (augmentation des apports glucidiques entre autres) et donc entraîne une dysrégulation immunitaire. Par ailleurs, le fructose, contrairement au sucre blanc, est métabolisé par le foie et peut conduire à un « foie gras » ou stéatose hépatique. Il est donc conseillé de limiter la consommation des fruits à 20 grammes par jour.
  • chocolat : est très riche en acide phytique, Omega 6,  graisses polyinsaturées et contient également de la caféine.
  • café (au moins initialement) : peut augmenter la perméabilité intestinale et crée une résistance à l’insuline
  • alcool (au moins initialement) : augmente la perméabilité intestinale et également (peu étonnamment une toxine).

Par expérience je sais qu’à première vue cette liste semble tout exclure mais il faut garder en tête que le protocole auto immune est un régime d’exclusion et que le but est de réintroduire certains aliments au fur et à mesure que l’on s’améliore. Une fois que l’intestin est guéri, vous pouvez peut-être réintroduire tous ces aliments ou comme moi même, manger la plupart des choses sur la liste en petite quantité.

Des moyens pour accélérer la guérison de l’intestin

Il existe également des moyens / des outils pour accélérer la guérison de l’intestin, notamment;

  • Consommez des aliments fermentés : choucroute, kimchie, kamboucha et d’autres légumes fermentés.
  • Consommez le bouillon d’os (« bone broth ») qui est très riche en minéraux et en acide aminé glucine, qui aide à la réparation de la muqueuse intestinale.
  • L’acide aminé L-glutamine : cet acide aminé est connu pour ces vertues réparatrice de la muqueuse intestinale (prenez une ou deux cuillères à café dans un verre d’eau à jeûn).

 

SI vous souhaitez vous informer davantage voici quelques références:

Leaky gut and autoimmune diseases Fasano A. Clin REv Allergy Immunol. 2012 Feb; 42(1):71-8. doi: 10.1007/s12016-011-8291-x. Review.

Arthritis susceptibility and the gut microbiome. Taneja V. FEBS Lett.. 2014 Nov 17;588(22):4244-9. doi: 10.1016/j.febslet.2014.05.034. Epub 2014 May 27. Review.

Ou le super livre « The Paleo Approach – Reverse Autoimmune Disease and Heal Your Body » par Sarah Ballantyne, PhD.

 

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